mercredi 3 octobre 2012

La candeur et l'espoir

Mes amies et amis,
J'ai retrouvé avec plaisir cette photo avec les jeunes gymnastes des écoles de sport du Ministère de la jeunesse et des sports. Elles étaient là dans le cadre du rassemblement organisé annuellement au centre de Bouznika. Dans leurs petits yeux on ressent la candeur et l'espoir. Elles représentent l'avenir de notre pays. J'ai passé un moment inoubliable en leur compagnie. Nous n'avons pas le droit de les décevoir.

mardi 2 octobre 2012

Rachid Taoussi, bon vent

Rachid Taoussi vient de faire son entrée officielle dans l'arène des grands. C'est aujourd'hui qu'il a été en milieu de journée présenté à la presse nationale. Un moment important pour le sport national. Il consacre enfin le choix du cadre national. Enfin on reconnait que la marocain est tout aussi compétent que quiconque en football. Il en est ainsi dans tous les domaines walhamdouli Allah.
Pour ma part je suis très heureuse de cette nomination et affiche mon soutien sans limite à Rachid et aux autres cadres marocains dans tous les domaines.
Bon vent Rachid.

lundi 1 octobre 2012

Nezha Bidouane: interview accordée au magazine Le Temps



      Le magazine "Le Temps" m'a réservé une interview voilà deux semaines. En voici le contenu au cas ou vous n'auriez pas eu l'occasion de la lire. Si vous la trouvez intéressante merci de la diffuser auprès de vos amis.


-          En tant que championne du monde et médaillée olympique, quel bilan faites-vous de la participation du Maroc aux J.O. de Londres-2012 ?
De ce que je ressens de par les réactions des citoyens dans la rue, il y a aujourd’hui unanimité nationale autour du fait que le Maroc méritait de bien meilleurs résultats aux jeux olympiques de Londres. On devait au moins nous maintenir à notre niveau. 
Je suis souvent interpellé à ce sujet et sincèrement je me sens mal à l’aise à répondre à cette même question.
Il y a eu pour la première fois dans l’histoire du Maroc un effort budgétaire colossal mais qui hélas n’a pas eu les effets escomptés.
 Certains ont toujours dit que les résultats dépendaient de l’argent, eh bien là la preuve est établie, l’argent ne fabrique pas la performance sportive. Se sont des hommes et des femmes qui créent la performance. Après Beijing les connaisseurs disaient déjà attention, on les a traités de saboteurs.
Maintenant disons attention pour Rio. A aujourd’hui, il n’y a aucun indice d’optimisme, bien au contraire.
    
-          Les cas de dopage se sont enchaînés pour les Marocains lors de ces JO. Quelle explication donnez-vous à cela ?
Le dopage n’est pas un problème que pour le Maroc. Il ya dans tous les pays du monde des sportifs qui sont tentés par le dopage comme raccourci pour la performance et la « gloire ». Les méthodes jusqu’ici utilisées dans la lutte se sont avérées inefficientes, puisque malgré les sanctions très lourdes, il y a chaque mois  de nouvelles listes dopés.
Pour ce qui nous concerne, la question a pris une dimension douloureuse par le fait qu’aient été touchés des athlètes adulés par les marocains et sur lesquels on comptait beaucoup pour les jeux olympiques. C’est ce qui a engendré cet aspect dramatique. Il ya eu de nombreux cas durant la saison, sans que personne ne le relève.
J’en avais parlé en son temps et cela m’a valu un communiqué insultant de la part de la fédération.  Et dire  que j’appartiens et appartenu toute ma vie à cette institution… Qu’en disent-ils aujourd’hui ceux qui ont rédigé et publié le dit communiqué?
Je connais personnellement les athlètes aujourd’hui seuls dans le pétrin… Ils étaient avec nous à l’Institut National d’Athlétisme. Ils avaient des qualités énormes et n’avaient nullement besoin de quoi que ce soit pour réaliser des performances. Preuve en est qu’ils ont par le passé justement réalisé des performances de très haut niveau sans se doper.
Cela me laisse perplexe. Que c’est il passé vraiment ? Pourquoi sont ils arrivés non pas à se mettre en infraction mais à y penser même? Qui les a mis sur cette voie ? Beaucoup de questions se posent et devraient être élucidées, si on veut aller de l’avant.

-          Vous faites partie d’une génération d’athlètes qui ont fait la fierté des Marocains. Où est la relève ?
Le Maroc était cité en exemple pour la continuité justement parce qu’il avait crée un outil extraordinaire pour cela : l’Institut National d’Athlétisme. Nous sommes tous le fruit du travail fait dans cet établissement. Je me rappelle que chaque année de nouveaux jeunes arrivaient et vite rentraient dans le moule et se mettaient au travail.
Il y avait une équipe de travail extraordinaire avec des athlètes ambitieux, des entraineurs travailleurs, un staff médical mobilisé 24 heures sur 24, une administration à l’écoute des athlètes. Une ambiance tout simplement unique qui suscitait et excitait la curiosité du monde entier.
La relève était bien là et assurée de manière continue. D’ailleurs les athlètes dont vous entendez encore parler aujourd’hui sont les tout derniers de cette période. Ceux qui ont participé à Londres sont justement la dernière fournée recrutée à l’Institut au début des années 2000.
Que c’est il passé depuis ? Je ne suis pas capable de vous en dire plus.  Qu’est ce qui a fait que la machine se soit grippée ? Que sont devenus tous ces jeunes au nombre très important pris en charge alors dans leurs régions, sur lesquels on comptait beaucoup et qui semblaient avoir un talent fantastique et une carrière toute tracée. C’est une question que je me pose moi-même par les temps qui courent.
Je me rappelle avoir, avec Hicham et Nawal été associée à une réunion chez Mr le premier ministre Driss Jettou pour l’exposé final du projet de mise à niveau de l’athlétisme. Il y avait beaucoup d’optimisme dans l’air. Qu’est devenu ce programme qui devait placer le Maroc dans les 3 premiers pays du monde ?

C’est au gens aux commandes d’assumer et de nous répondre à tous.

-          Qui est responsable de ce que les analystes sportifs appellent «la décadence du sport national» ?
Pointez du doigt tel ou tel n’est pas le but. Ils se reconnaissent très bien eux-mêmes les responsables de ce que vous appelez décadence. Le problème est que le système qui a donné des résultats fantastiques par le passé ait été cassé. Vraiment dommage.
Ce qui importe aujourd’hui n’est pas de désigner des responsables mais de sortir de la crise. Tous le monde sait ce qu’il faut faire y compris ceux qui ont été la cause de ce qui arrive. Il faut arrêter de tourner autour du pot.
Si le sport était important pour le pays et je le suppose, alors faisons les choses comme il se doit sans plus tarder. L’intérêt du pays doit primer.
La performance sportive a une dimension affective extrêmement importante. On doit arrêter de se jouer des sentiments des marocains et de leur affectif qui est fragilisé davantage à chaque déception sportive.

-          Des rumeurs laissent penser que vous pensez présider la Fédération Royale Marocaine d’Athlétisme. Quel est le degré de véracité de cette information ?
La question m’a été posée par un journaliste. En fait jusqu’à cet instant là je ne me l’étais jamais posée moi-même. J’ai été écartée comme la quasi-totalité de ceux et celles qui pouvaient et peuvent apporter un petit plus à notre sport et je m’étais résignée à penser que de toutes les façons, au Maroc, le sport ne sera jamais aux sportifs. Comme si nous étions des incapables et des incompétents. Notre réussite sportive s’était juste pour amuser la galerie…Maintenant qu’on a mis fin à notre carrière, on se devait de vite débarrasser le plancher et laisser d’autres profiter du fruit de notre labeur.
On dit de nous que nous n’avons pas d’expérience, soit, quelle expérience ont ceux et celles qui tombent du ciel dans un sport sans l’avoir ni pratiqué, ni étudié, ni même côtoyé ?
Quand je vois qui dirige le sport ailleurs dans le monde, je me demande pourquoi ce n’est pas ainsi chez nous. Sommes-nous sportifs marocains dépourvus de jugeote ?
Pour faire parti d’une fédération il faut une légitimité elle ne peut et ne doit venir que de la pratique ou des études.
Quelqu’un qui a pratiqué un sport pendant près de 20 ans n’a-t-il pas cette légitimité ?
Je vous le dis clairement, je ne suis pas de nature à me débiner. Si on me choisi pour cette mission ou pour n’importe quelle mission dont l’objectif serait de servir mon pays et son drapeau, je suis prête et c’est le cas de nombreuses autres personnes qui justement ont cette légitimité  manquant aux autres.


-          Quel est le souvenir, meilleur ou pire, qui vous a le plus marqué lors de votre brillante carrière ?
J’aime bien répondre à une telle question. En fait quand je suis venu à l’athlétisme c’était pour m’amuser et m’occuper comme tous les enfants de mon âge. Quand on m’a fait comprendre et que j’ai admis que j’avais un bon potentiel et que je pouvais faire parti du gotha mondial, les choses ont changé. Depuis cet instant là j’ai vécu dans l’angoisse de la performance. Tous les sportifs de haut niveau vous diront la même chose. Si vous vivez cette angoisse de façon positive, alors vous progresser et vous acceptez les sacrifices qui s’imposent. Aujourd’hui je puis vous dire que c’est cette angoisse qui me manque. Les moments même douloureux dans leurs contextes respectifs sont devenus d’excellents souvenirs.

-          Quelle est votre actualité du moment ? 
Je suis une femme heureuse et comblée. Je m’occupe au mieux que je peux de mes deux Y : Yacine et Yassir. C’est sa Majesté qui leur a choisi leurs prénoms respectifs. J’en sui fière.
En parallèle et c’est là mon quotidien, j’essaye humblement de me rendre utile par le travail que j’effectue au sein de mon association « Femmes Réalisations et Valeurs ».
Ce qui me satisfait est de voir sourire des enfants dans toutes les situations, de les voir fiers de ce qu’ils sont, prendre conscience et être heureux d’être marocains, conscients de ce qu’ils peuvent apporter à leur famille et à leur pays par le travail. C’est à cela qu’œuvre l’association par la multitude et la variété des ses actions quasi quotidiennes.
Vous me donnez là l’occasion de remercier nos donateurs, sponsors, autorités, élus et nos membres pour ce qu’ils nous apportent, pour leur soutien à l’association. Dieu leur rendra.